http://img247.imageshack.us/img247/2415/banniere6uz2.jpg
Retour Accueil
 

 

 


 

 
 
LES DIX COMMANDEMENTS
  LE PREMIER COMMANDEMENT :

"Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'es sorti de l'Egypte, maison d'esclavage."

A première vue, il ne s'agit pas d'un commandement, comme par exemple, "tu ne tueras point, tu ne volera point". Cependant, Rambam le compte, à juste titre, comme un des 613 commandements que renferme la Tora. En effet, cette sentence cache le commandement suivant : Je te commande de considérer et de ne jamais oublier que "Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'es sorti de l'Egypte, maison d'esclavage."

"Je suis l'Eternel ton Dieu" aurait du suffire, pourquoi ajouter "qui t'es sorti de l'Egypte, maison d'esclavage."? Sentence qui d'ailleurs est souvent répétée dans la Tora pour en souligner l'importance, et qui est ordonnée en premier des dix commandements.

Quelle est donc l'importance si grande de cette "sortie" de la "maison d'esclavage".

Tant que les Hébreux étaient des individus séparés lorsqu'ils vivaient en Egypte, ils étaient des esclaves, tant physiquement que spirituellement. Physiquement, ils étaient prisonniers en Egypte et soumis à de très durs labeurs par les égyptiens. Spirituellement, ils avaient abandonné tous les principes moraux que leurs pères leur avaient enseignés et étaient arrivés à un grave niveau d'immoralité et d'impureté.

Sortir d'Egypte signifiait trois choses extrêmement importantes:

1-     Sortir de leur esclavage physique, sortir de leur immoralité et de leur impureté.

2-     Recevoir la Tora et par cela devenir un Peuple.

3-     Rentrer en Israël pour y devenir le phare des Nations. 

Ces trois choses étant liées et soumises à leur obéissance. Cet important commandement, le plus important, va nous donner un enseignement d'une grande valeur. Il nous apprend qu'être immoral et impur c'est se faire esclave du matérialisme. Il nous apprend que recevoir et accepter la Tora c'est se libérer de cet esclavage et faire partie intégrante d'un Peuple d'un haut niveau spirituel. Il nous apprend que rentrer en Israël est la FINALITE de tout cela, c'est-à-dire y devenir une Nation qui appliquant la Tora sur cette Terre choisie par l'Eternel, va servir de phare et d'exemple à toutes les autres nations de la terre, comme ce fut le cas avec Salomon.

Lors de la sortie d'Egypte, les Hébreux réussissent les 2 premiers processus : sortir de l'esclavage et s'élever spirituellement jusqu'au point d'être aptes à recevoir la Tora. Mais l'Eternel leur refuse le droit d'entrer en Israël car ils se montrèrent très récalcitrants à suivre Moise et à lui obéir, toujours regrettant leur sortie de l'esclavage où, disent-ils, ils n'étaient pas si mal que ça, et encore très attachés au matérialisme, ils finissent par pratiquer l'idolâtrie en confectionnant le veau d'or.   

Leur punition fut d'errer 40 ans dans le désert et y mourir.

Pour conclure, ce commandement nous enseigne, en résumé, que la "trinité" du Peuple Juif afin que l'individu soit entier et que le Peuple d'Israël soit vraiment un Peuple à sa mesure, est celle-ci: 

Pratiquer la Tora en tant que Peuple sur la Terre d'Israël.

Sans ces 3 choses réunies les enfants d'Israël sont comme une table à 3 pieds où il manquerait chaque fois un pied, sinon deux.

LE DEUXIEME COMMANDEMENT

"Tu n'auras point d'autre dieu que moi. Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point; car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m'offensent; et qui étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements."

Le 2ème commandement interdit l'idolâtrie. Cette interdiction concerne la fabrication d'idoles, non seulement la sculpture mais même une image quelle qu'elle soit. Le Temple de l'Eternel ne devait donc pas contenir d'images. Cependant, le Temple comprenait les 2 anges sculptés au-dessus de l'Arche Sainte et des représentations de lions, emblème du Royaume de David, sculptés et dessinés. On doit comprendre qu'une idole est quelque chose qui représente l'Eternel ou un tout autre dieu, et non une sculpture ou une image qui n'ait pas de rapport avec un dieu quel qu'il soit. Plus tard, nos Sages interdiront la fabrication de sculptures ou d'images religieuses pour mettre une barrière à ce qui pourrait conduire à la fabrication d'idoles. Les synagogues, depuis, ne contenaient plus du tout de sculptures ou d'images. Récemment, les rabbins de nos jours ont permis l'affichage de portraits de Tsadikims dans les maisons, mais cela reste interdit dans les synagogues. L'interdiction de l'idolâtrie concerne aussi la prosternation devant ces sculptures ou représentations imagées d'idoles et bien entendu l'interdiction de les adorer ou de leur vouer un culte quel qu'il soit.
"Car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux". L'Eternel n'est en aucune façon "jaloux" de ces idoles ou d'autres dieux. Qui mieux que Lui connaît leur vanité et leur nullité et leur inefficacité. Seulement l'Eternel est "jaloux" de Sa "fiancée" qui est l'Assemblée d'Israël, le Peuple d'Israël, les Enfants d'Israël. Comme un homme serait jaloux de sa fiancée qui ferait les yeux doux à un autre homme que lui, l'Eternel est "jaloux" d'un Enfant d'Israël qui abandonne Sa Tora et se voue à des cultes étrangers. C'est, à Ses yeux, un crime !

Or il est dit:"…qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m'offensent". Il ne faut pas comprendre cela en croyant que les enfants du père qui a péché vont être punis sur 3, voire 4 générations, car ailleurs (Ezechiel,ch.XVIII,ver.20) il est dit :"C'est la personne qui pèche qui mourra: le fils ne portera pas la faute du père, ni le père la faute du fils; la justice du juste est imputable au juste, la méchanceté du méchant au méchant." Il faut comprendre cette sentence ainsi: le fils dont le père a péché par idolâtrie a été élevé par son père dans cette mauvaise voie et aura tendance à la suivre. Il faudra donc qu'il se repente et retourne à l'Eternel afin qu'il ne soit pas poursuivi par la faute de son père, sinon sa propre faute s'ajoute à celle de son père et sera encore plus lourde pour la prochaine génération. Mais dés qu'un descendant du premier père qui a péché reviendra à l'Eternel et à Sa Tora:"… et qui étends ma bienveillance à la millième génération, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements."

Le premier acte d'idolâtrie qui fut perpétré par le Peuple d'Israël est celui du veau d'or qu'ils ont confectionné tandis que Moïse était en train de recevoir la Tora sur le Mont Sinaï. Bien que plus de 4 générations ont passées depuis, Israël est encore poursuivi par cette faute dont il n'a pas encore fait la réparation. Cette faute est au contraire renouvelée par chaque génération soit par de la véritable idolâtrie, soit par l'abandon de la Tora qui est en lui même un acte d'idolâtrie, bien qu'il ne consiste pas en la fabrication ou en l'adoration de statues ou d'images (certains disent que l'image du dollar ou de l'euro constitue pour certains Juifs une véritable idole !).
Ceci étant, il faut considérer de nos jours que la faute du veau d'or, puis celle des "explorateurs", pèse encore lourdement sur le Peuple d'Israël, qu'elle s'est alourdie au fur des générations, et qu'elle vaut à Israël toutes ses dures épreuves qu'elle endure avec ses voisins arabes fanatiques.

Seul un retour de la majorité des Juifs israéliens à la Tora de l'Eternel pourra mettre un frein à ces souffrances et que s'accomplisse la promesse de l'Eternel d'étendre Sa bienveillance " à la millième génération, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements."

LE TROISIEME COMMANDEMENT:


"Tu n'invoqueras point le nom de l'Eternel ton Dieu à l'appui du mensonge; car l'Eternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge."


Si je vivais seul dans une île déserte, je n'aurais pas besoin d'un nom, car il n'y aurait personne pour m'appeler. Le nom est en effet destiné aux autres pour nous appeler ou nous identifier. Il en est de même pour Dieu, son nom ne désigne pas sa véritable identité ou son essence. Il nous sert à l'appeler ou l'invoquer, à le designer ou à l'identifier. Nous pouvons nous-même donner un nom à Dieu, et c'est ce que nous faisons lorsque nous le nommons, par exemple, le créateur, l'architecte, le tout-puissant, Dieu, God, Allah ….
Mais Dieu a choisi ses noms par lesquels il nous demande de l'invoquer.
Les noms choisis par Dieu lui-même sont nombreux : Elokim, Achem, Eternel, Chadaï, Seigneur,Yhva.
Dans nos prières, nous avons coutume de l'invoquer par le nom de Yhva par lequel Il s'est fait connaître à Moïse. Nous ne prononçons jamais ce nom tel qu'il est écrit, mais nous le prononçons : Adoni (Le Seigneur), justement à cause du 3 eme commandement. Pour ne pas rendre usuel le nom de l'Eternel et être ainsi amené facilement à l'invoquer un jour pour le mensonge, nos Sages nous ont interdit de prononcer le véritable nom de l'Eternel tel que nous l'écrivons. Par extension tous les noms connus de l'Eternel sont prononcés différemment de la façon dont il sont écrits.
L'Eternel, infini, parfait, juste, vrai et aimant la vérité, ne peut supporter que nous utilisions son nom pour le mensonge, cela va de soi.
Mentir ce n'est pas seulement déformer la vérité, c'est bien plus souvent ne pas dire la vérité. Et le mensonge le plus grave est celui de se mentir à soi-même.
Le nom Yhva désigne Dieu sous son attribut de Miséricorde, tandis que Elokim le désigne sous son attribut de Rigueur.

 

LE QUATRIEME COMMANDEMENT:

 

"Pense au jour du Chabat pour le sanctifier. Durant 6 jours tu travailleras, et t'occuperas de toutes tes affaires; mais le 7ème jour est la trêve de l'Eternel ton Dieu: tu n'y fera aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave homme ou femme, ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes murs. Car en six jours l'Eternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment, et il s'est arrêté le 7ème jour; c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du Chabat et l'a sanctifié."

 

Ce 4ème commandement est le plus important des 10 commandements, autant qu'on puisse dire qu'un commandement est plus important qu'un autre car ils sont TOUS importants. Mais l'observance du Chabat est rappelée à maintes reprises dans la Tora pour lui conférer une importance particulière.

Le Chabat, avant tout, N'EST PAS un jour de repos. Certes, on ne doit y faire aucun travail que nous avons l'habitude ou l'obligation de faire les autres jours, mais cela ne veut pas dire que le but du Chabat est de se reposer, que l'Eternel l'a sanctifié pour cela.

Le Chabat n'est pas le repos des travailleurs comme le Dimanche a été institué comme jour de repos par les pays dits civilisés, et d'ailleurs quand ils ont connu le Chabat.

Quel travail ne doit on pas faire le Chabat ? Tout d'abord son travail quotidien, son commerce, ses occupations quotidiennes, la cuisine, le ménage, la vaisselle ….

En outre, les travaux qui sont INTERDITS le Chabat sont ceux qui étaient nécessaires à la construction du "michkane", c'est-à-dire le Temple que les Juifs ont construit dans le désert dès leur sortie d'Egypte. Ces travaux étaient au nombre de 39 et tous les Chabats la construction du Temple était arrêtée et par conséquent ces 39 travaux n'étaient pas effectués, et ce sont ces 39 travaux qu' il est interdit de puis de faire le Chabat.

Etant donné l'importance du Chabat (pour d'autres raisons que nous allons voir), nos Sages ont mis des "barrières", c'est-à-dire qu'ils ont interdits d'autres travaux qui sont dérivés de ceux-la, afin que l'on ne soit pas entraîné en se permettant ces dérivés à enfreindre l'observance des 39 travaux interdits.

D'autre part, l'apparition de moyens nouveaux, d'énergies nouvelles, de travaux plus modernes, ont incités nos Sages à adapter ces interdictions à l'évolution de notre monde. Par exemple, il est écrit "vous ne ferez pas de feu dans vos demeures" et il fallait donc décider si l'étincelle électrique par exemple était assimilable à du feu, si le courant électrique pouvait provoquer des brûlures comme le feu, chauffer comme le feu, etc…

Mais tout ceci n'est qu'un but pour réaliser une des principales raisons d'être du Chabat. En effet, le jour où l'Eternel a arrêté de faire sa création, s'est arrêté de créer, ce jour-là Il l'a SANCTIFIE, c'est-à-dire qu'Il lui a donné un statut de sainteté que tous les autres jours n'ont pas. Indépendamment de nous ou de notre volonté, que nous le voulions ou pas, le jour du Chabat lui-même est saint.

Quand l'Eternel nous demande de "garder" ou de se "souvenir" du jour du Chabat, c'est pour que nous lui gardions ou nous souvenions de cette sainteté que l'Eternel lui a conféré.

Une autre raison de l'importance du Chabat est que l'Eternel en a fait une ALLIANCE, entre Lui-même et le Peuple Juif. "Brit olam", c'est-à-dire une Alliance ETERNELLE.

Aucun non-Juif n'est tenu d'observer le Chabat.

L'importance du Chabat est telle que sa non observance est punie de mort, alors que la non observance de la cachrout, par exemple, n'est punie que de "makot" (coups). Car la non observance du Chabat est un refus, un rejet de l'alliance faite entre l'Eternel et le Peuple Juif, c'est comme si l'on refusait l'Eternel.

L'observance du Chabat est certes difficile, mais c'est une telle sanctification de Dieu, un tel témoignage de notre attachement à l'Eternel, que le travail en vaut la peine. Nous travaillons 6 jours dans la semaine, et parfois durement, pour nous ou pour les autres, que "travailler" pour l'Eternel un seul jour …. Encore que cette relative difficulté d'observer le Chabat est due à notre difficulté à nous arracher à notre train-train, mais lorsque l'on s'est habitué à observer le Chabat comme il le faut, on y trouve un réel plaisir spirituel, un véritable enrichissement.

 

LE CINQUIEME COMMANDEMENT:

"Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l'Eternel ton Dieu t'accordera."

 

Les 4 précédents commandements concernaient les relations entre Dieu et l'homme. Les 6 commandements suivants vont concerner les relations entre les hommes eux-mêmes.

Les 2 Tables de la Loi comportaient chacune 5 commandements. Le 5eme se trouve à la charnière des commandements concernant les relations entre Dieu et les hommes et celles concernant les hommes entre eux. En effet, si tu n'honores pas ton Dieu par les 4 premiers commandements, comment seras tu capable d'honorer tes parents ? D'autre part, le 5eme commandement se trouve en vis-à-vis du 10eme commandement lorsque les 2 Tables sont cote à cote. Ce 10eme commandement interdit de convoiter les biens et tout ce qui appartient à son prochain, allusion au fait que si tu n'es pas capable d'honorer tes parents, à plus forte raison tu seras incapable de respecter ton prochain ni ses biens.

"sur la terre que l'Eternel ton Dieu t'accordera.": à priori, il semble s'agir ou de la terre en général ou de la terre d'Israël en particulier. Or, écoutons cette histoire vraie que rapportent nos Sages : Un jour un homme, se promenant avec son fils, vit un oiseau couvant ses œufs sur un nid. Pour faire bénéficier  son fils de la mitsva (commandement) de chasser la mère avant de prendre ses petits, le père lui demanda de lui apporter ces œufs. Le fils s'empressa de satisfaire son père et prit une échelle et fit maints mouvements avec ses mains pour chasser la mère loin de la vue de ses petits. Ce faisant il tomba de l'échelle et se tua.

Nos sages font remarquer que ces 2 mitsvot , celle d'honorer ses parents et celle de chasser la mère des oiseaux, sont les seules où la récompense de la mitsva est signalée: " afin que tes jours se prolongent sur la terre". Or, le jeune homme qui accomplissait ces 2 mitsvot simultanément, ne voit pas ses jours allonges mais au contraire écourtés.

Cette histoire nous apprend, disent nos Sages, que la terre dont on parle n'est pas celle où nous vivons mais qu'il s'agit de la terre sur laquelle nous vivrons dans le monde futur et puisqu'il n'est pas dit dans le ciel où tu vivras, cela sous-entend que le monde futur sera vécu sur cette terre où nous vivons lorsque nous y serons ressuscités. C'est pourquoi il est écrit: " sur la terre que l'Eternel ton Dieu t'accordera.", t'accordera et non pas qu'il t'a accordée.

 

LE SIXIEME COMMANDEMENT:

"Ne commets point d'homicide"

Etrange commandement de la part de l'Eternel d'interdire à l'homme de tuer son prochain. Est-ce que cela ne va pas de soi ? Est-ce qu'après avoir reçu la Tora et s'être imprégnés de la profonde moralité qu'elle renferme, les hommes penseront-ils à s'entretuer ?

Les forces du mal que l'Eternel a été obligé d'introduire dans le monde pour que celui-ci puisse exister, et que Adam, par sa faute, a libérées de l'arbre du bien et du mal où elles étaient renfermées, sont si puissantes que ce commandement "Ne commets point d'homicide" ne semble pas superflu. Toutes les nations civilisées ont adopté ce commandement dans leurs codes pénaux. Les meurtres étaient courants dans les civilisations primitives tant ce moyen est facile pour arriver à ses fins.

Le commandement est sec ! Sans avertissement et sans explications !

Tout simplement, gardes toi bien de commettre un homicide ! Tout simplement, éloignes toi des forces du mal pour ne pas être conduit à tuer ton prochain !

La peine de mort qu'encourt, bien entendu, l'homicide, n'est même pas signalée ici.

On comprendra plus tard, lorsqu'il s'agira de l'homicide involontaire, que celui qui a tué par accident, sans intention volontaire, ne pourra échapper à la mort qu'entraîne son crime, qu'en se réfugiant dans les villes qui seront désignées pour cela. Et ce jusqu'à la nomination du prochain Cohen Gadol. Alors seulement il sera autorisé à sortir de la ville refuge. Comme si son crime était lié à la bonne prêtrise du Cohen Gadol ! Comme si celui-ci était responsable des crimes commis pendant le temps de sa prêtrise !

En fait il y a un lien direct, non pas avec le Grand Prêtre personnellement, mais avec la qualité et la pureté des offrandes qui étaient sacrifiées sous sa surveillance, sous sa responsabilité.

Si les offrandes n'étaient pas offertes dans les règles de l'art, pures, sans défauts, consommées comme il se doit, brûlées comme il se doit, etc… le nombre d'homicides, volontaires ou involontaires, augmentait en Israël.

"Ne commets point d'homicide" : en réalité ne m'offense pas Moi L'Eternel par des offrandes impropres….sinon tu commettras un homicide, sinon tu voleras, sinon tu commettras des adultères.

LE SEPTIEME COMMANDEMENT:

"Ne commets point d'adultère."

L'Eternel a créé l'Homme et l'a doué de la parole pour le distinguer des animaux. Dans la hiérarchie de la création, minéral, végétal, animal, l'Homme a le plus haut niveau. Son comportement doit aussi être au plus haut niveau. Il ne doit plus se comporter comme un animal et c'est une des raisons pour laquelle l'Eternel lui a donné Sa Tora, Ses commandements. L'Homme vit en société, et cette vie en société est la plus élaborée qu'il soit. Or, on sait à quel point l'adultère est destructrice de cette société : divorces, destruction d'un foyer familial, souffrance des enfants, traumatisme pour les enfants, parfois irréparable.

Commettre un adultère, c'est aussi voler son prochain, c'est aussi spolier son prochain à qui on vole ce qui lui appartient, sa femme. C'est tromper la confiance de son conjoint, créer une atmosphère de tromperie et de mensonges, etc…

L'adultère conduit à une permissivité sur le plan sexuel qui conduit bien vite à toutes les dépravations qu'une société saine réprouve.

Tout cela est bien connu sur le plan social. Est-ce à dire que la Tora est un code social ?

Oui, bien sur ! Et le code social le mieux élaboré et le plus apte à l'Homme car construit par son propre créateur. Qui pouvait mieux connaître l'Homme et la façon dont il vivrait en société ?

Mais la Tora et ses commandements sont bien entendu au delà qu'un simple code social. Son but moins évident est d'élever l'Homme à un niveau spirituel que même les anges ne peuvent atteindre. Et devant chaque commandement, il ne faut jamais perdre de vue cet objectif.

L'adultère est passible de mort et dans la Tora on ne sait jamais si la mort est uniquement corporelle, ou uniquement spirituelle, ou bien les deux.

A ce propos, peut on parler de mort lorsqu'il s'agit de l'âme, qui est par définition éternelle ? L'âme est effectivement éternelle et c'est pourquoi il y a le paradis et l'enfer, et les "guilgoulims", c'est-à-dire  la réincarnation. Mais nos Maîtres expliquent qu'après un certain nombre de réincarnations pendant lesquelles l'âme n'a jamais fait de repentir et de réparations de ses fautes, le souffle de D.ieu qui la constitue, se retire et l'âme meurt et perd son éternité.

Devant la gravité de ce péché qu'est l'adultère, nos Maîtres ont établi beaucoup de barrières très sévères pour éviter à l'Homme de fauter. Comme de ne pas s'isoler avec une femme, ne pas lui serrer la main en guise de bonjour, de ne pas lui parler trop longtemps, etc… Ces mesures semblent excessives, mais l'expérience a montré que lorsqu'elles ne sont pas appliquées, la faute n'est pas loin. Et répétons-le, cette faute est très grave tant socialement que spirituellement.

 

LE HUITIEME COMMANDEMENT:

"Ne commets point de larcin"

En hébreu "Lo tignov", que l'on aurait pu traduire:"ne commets point de vol" qui est d'ailleurs une traduction très répandue.

Mais ici les traducteurs ont voulu souligner qu'il ne s'agit pas de grands vols d'argent, ni de vols de personnes, comme le laisse entendre la première traduction, mais même de tout petits vols. Ceci pour se rapprocher des commentaires de nos Sages qui, toujours soucieux de mettre des barrières à un commandement afin de ne pas arriver à le transgresser, ont dit qu'il s'agissait de n'importe quel vol, même le moindre et aussi bien d'argent, de personnes, de temps…

Ainsi, par exemple, si l'on resquille dans une file d'attente, on a volé une partie du temps de chacune des personnes qui étaient avant nous dans la file d'attente. Si on vient en retard à un rendez-vous, on a volé du temps à la personne qui nous attendait. Même si le temps n'est pas toujours de l'argent, on a quand même lésé son prochain, commis envers lui une faute qui est assimilable à un vol.

Encore donc une loi sociale qui concerne les rapports des homme entre eux et non les rapports entre l'Eternel et les hommes, comme nous l'avons déjà dit, mais une loi sociale qu'il faut transcender, toujours dans ce souci d'élévation de l'âme afin de se rapprocher de D.ieu.

Une loi sociale ne peut pas aller jusqu'à punir celui qui resquille ou celui qui arrive en retard, mais une Loi de l'Eternel défend d'avoir de telles pratiques qui forcement nous éloignent de Lui.

C'est toute la force des Lois divines par rapport aux lois dictées par l'homme.

Pour celles-ci, on a peur que de se faire prendre par le gendarme tandis que pour celles-là, on craint de déplaire au Roi de l'univers.

LE NEUVIEME COMMANDEMENT:

"Ne rends point contre ton prochain un faux témoignage"

Que ta parole soit sacrée, car elle est un don du Seigneur. Ne la profane pas en pronon-çant un mensonge.

Elle comprend implicitement l'interdiction de la médisance, de l'outrage, du colportage et de la calomnie, de même que celle de fréquenter ou de s'associer à des calomniateurs.

Bien sur, le code pénal, dans les civilisations civilisées, punit le faux témoignage. Mais n'oublions pas que tous les codes pénaux sont inspirés de la Tora, et n'oublions pas non plus que la peur du gendarme n'a jamais eu le même impact que la crainte de D.ieu qui proclame Ses commandements.

Nos Sages n'ont de cesse de nous mettre en garde contre le "lachon hara" (la mauvaise langue), qui est une faute extrêmement grave qui peut tuer trois personnes: celui qui fait de la mauvaise langue, celui dont il parle, et celui qui l'écoute. Pour éviter une telle faute, les règles du "lachon hara" sont nombreuses et très strictes. Même de dire la vérité sur quelqu'un ou même de dire du bien sur lui, peuvent indirectement conduire à du "lachon hara". Il faut bien étudier toutes ces règles et s'en imprégner pour éviter cette faute qui est malheureusement courante.

Il n'est pas besoin de décrire tous les dégâts que peuvent faire le fait de mentir sur son prochain et surtout de le calomnier. Il suffit de dire n'importe quoi sur son prochain, et ceux qui nous écoutent de se dire, même quand ils ne nous croient pas trop: "il n'y a pas de fumée sans feu". Oh combien cette phrase a fait de victimes innocentes!

LE DIXIEME COMMANDEMENT:

   [ Extraits de LA  VOIX DE LA TORAH d'Elie Munk]    

"Ne convoite pas la maison de ton prochain; Ne convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain."

Le Décalogue atteint son apogée avec le dernier des dix commandements.

On note, en effet, une graduation progressive dans la série des commandements qui nous élève ainsi jusqu'au seuil de la sphère idéale où rayonne l'amour d'autrui. En interdisant successivement tout ce qui peut nuire à notre prochain, par l'acte et la parole, et finalement par nos sentiments de convoitise ou de jalousie, il forme progressivement notre âme à l'amour, et il prépare le climat moral où cet amour pourra éclore et s'épanouir. Car c'est l'amour d'autrui qui demeure le suprême objectif.

La loi orale attribue au verbe convoiter la signification de convoiter un objet ou une personne et se l'approprier, tout en octroyant le paiement à son propriétaire ou en employant des moyens de pressions, de ruse ou de chantage pour entrer en sa possession. Mais dans la répétition du Décalogue au livre du Deutéronome, l'Ecriture emploie un autre verbe qui, lui, se rapporte au seul sentiment de la convoitise, non concrétisée par un acte quelconque. C'est donc là une défense qui va au-delà de celle qui figure dans notre texte, puisqu'elle interdit d'avoir un sentiment, purement et simplement, et représente ainsi le summum de la législation sociale.

Seul l'Eternel est capable d'interdire d'éprouver tel sentiment, car il connaît non seulement nos actes, mais aussi nos pensées les plus intimes.

"Ne convoite pas la femme de ton prochain", mais est-il au pouvoir de l'homme de s'empêcher de convoiter une personne empreinte de beauté et de charme? Ibn Ezra cite l'exemple d'un simple paysan qui voit passer la princesse royale resplendissante de beauté. Il ne la convoite pourtant pas, sachant que la princesse lui reste inaccessible pour toujours. Il appartient de même à chaque individu de fermer les yeux et de détourner ses pensées de tout ce que l'Eternel lui a défendu.

La convoitise du fruit défendu fut le premier péché des hommes sur la terre. L'homme doit refouler ses mauvaises pensées, il doit surmonter ses passions, vaincre ses instincts et dominer ses sentiments.

La défense de la convoitise fait suite au péché originel, source de toutes les malédictions.

L'ultime message du Décalogue concerne notre devoir principal à l'égard de notre prochain: Respecte le bien d'autrui ! Que tout ce qui "est à ton prochain" soit sacré et inviolable à tes yeux.

Telle est la base fondamentale de la justice sociale et de la morale internationale. Et tel est en toute éternité le couronnement de la Torah.

 

 

 

 

 

 

 

 

      ^ Haut ^            ACCUEIL