"Je suis l'Eternel
ton Dieu" aurait du suffire, pourquoi ajouter "qui t'es sorti de
l'Egypte, maison d'esclavage."? Sentence qui d'ailleurs est souvent
répétée dans la Tora pour en souligner l'importance, et qui est
ordonnée en premier des dix commandements.
Quelle est donc
l'importance si grande de cette "sortie" de la "maison d'esclavage".
Tant que les Hébreux
étaient des individus séparés lorsqu'ils vivaient en Egypte, ils
étaient des esclaves, tant physiquement que spirituellement.
Physiquement, ils étaient prisonniers en Egypte et soumis à de très
durs labeurs par les égyptiens. Spirituellement, ils avaient
abandonné tous les principes moraux que leurs pères leur avaient
enseignés et étaient arrivés à un grave niveau d'immoralité et
d'impureté.
Sortir d'Egypte
signifiait trois choses extrêmement importantes:
1-
Sortir
de leur esclavage physique, sortir de leur immoralité et de leur
impureté.
2-
Recevoir la Tora et par cela devenir un Peuple.
3-
Rentrer en Israël pour y devenir le phare des Nations.
Ces trois choses
étant liées et soumises à leur obéissance. Cet important
commandement, le plus important, va nous donner un enseignement
d'une grande valeur. Il nous apprend qu'être immoral et impur c'est
se faire esclave du matérialisme. Il nous apprend que recevoir et
accepter la Tora c'est se libérer de cet esclavage et faire partie
intégrante d'un Peuple d'un haut niveau spirituel. Il nous
apprend que rentrer en Israël est la FINALITE de tout cela,
c'est-à-dire y devenir une Nation qui appliquant la Tora sur cette
Terre choisie par l'Eternel, va servir de phare et d'exemple à
toutes les autres nations de la terre, comme ce fut le cas avec
Salomon.
Lors de la sortie
d'Egypte, les Hébreux réussissent les 2 premiers processus : sortir
de l'esclavage et s'élever spirituellement jusqu'au point d'être
aptes à recevoir la Tora. Mais l'Eternel leur refuse le droit
d'entrer en Israël car ils se montrèrent très récalcitrants à suivre
Moise et à lui obéir, toujours regrettant leur sortie de l'esclavage
où, disent-ils, ils n'étaient pas si mal que ça, et encore très
attachés au matérialisme, ils finissent par pratiquer l'idolâtrie en
confectionnant le veau d'or.
Leur punition fut
d'errer 40 ans dans le désert et y mourir.
Pour conclure, ce
commandement nous enseigne, en résumé, que la "trinité" du Peuple
Juif afin que l'individu soit entier et que le Peuple d'Israël soit
vraiment un Peuple à sa mesure, est celle-ci:
Pratiquer la Tora
en tant que Peuple sur la Terre d'Israël.
Sans ces 3 choses
réunies les enfants d'Israël sont comme une table à 3 pieds où il
manquerait chaque fois un pied, sinon deux.
LE DEUXIEME
COMMANDEMENT
"Tu n'auras point d'autre dieu que moi. Tu ne te feras point
d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel,
ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu
ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point; car
moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le
crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la
quatrième générations, pour ceux qui m'offensent; et qui étends ma
bienveillance à la millième, pour ceux qui m'aiment et gardent mes
commandements."
Le 2ème commandement interdit l'idolâtrie. Cette interdiction
concerne la fabrication d'idoles, non seulement la sculpture mais
même une image quelle qu'elle soit. Le Temple de l'Eternel ne devait
donc pas contenir d'images. Cependant, le Temple comprenait les 2
anges sculptés au-dessus de l'Arche Sainte et des représentations de
lions, emblème du Royaume de David, sculptés et dessinés. On doit
comprendre qu'une idole est quelque chose qui représente l'Eternel
ou un tout autre dieu, et non une sculpture ou une image qui n'ait
pas de rapport avec un dieu quel qu'il soit. Plus tard, nos Sages
interdiront la fabrication de sculptures ou d'images religieuses
pour mettre une barrière à ce qui pourrait conduire à la fabrication
d'idoles. Les synagogues, depuis, ne contenaient plus du tout de
sculptures ou d'images. Récemment, les rabbins de nos jours ont
permis l'affichage de portraits de Tsadikims dans les maisons, mais
cela reste interdit dans les synagogues. L'interdiction de
l'idolâtrie concerne aussi la prosternation devant ces sculptures ou
représentations imagées d'idoles et bien entendu l'interdiction de
les adorer ou de leur vouer un culte quel qu'il soit.
"Car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux". L'Eternel
n'est en aucune façon "jaloux" de ces idoles ou d'autres dieux. Qui
mieux que Lui connaît leur vanité et leur nullité et leur
inefficacité. Seulement l'Eternel est "jaloux" de Sa "fiancée" qui
est l'Assemblée d'Israël, le Peuple d'Israël, les Enfants d'Israël.
Comme un homme serait jaloux de sa fiancée qui ferait les yeux doux
à un autre homme que lui, l'Eternel est "jaloux" d'un Enfant
d'Israël qui abandonne Sa Tora et se voue à des cultes étrangers.
C'est, à Ses yeux, un crime !
Or il est dit:"…qui
poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et
à la quatrième générations, pour ceux qui m'offensent". Il ne faut
pas comprendre cela en croyant que les enfants du père qui a péché
vont être punis sur 3, voire 4 générations, car ailleurs (Ezechiel,ch.XVIII,ver.20)
il est dit :"C'est la personne qui pèche qui mourra: le fils ne
portera pas la faute du père, ni le père la faute du fils; la
justice du juste est imputable au juste, la méchanceté du méchant au
méchant." Il faut comprendre cette sentence ainsi: le fils dont le
père a péché par idolâtrie a été élevé par son père dans cette
mauvaise voie et aura tendance à la suivre. Il faudra donc qu'il se
repente et retourne à l'Eternel afin qu'il ne soit pas poursuivi par
la faute de son père, sinon sa propre faute s'ajoute à celle de son
père et sera encore plus lourde pour la prochaine génération. Mais
dés qu'un descendant du premier père qui a péché reviendra à
l'Eternel et à Sa Tora:"… et qui étends ma bienveillance à la
millième génération, pour ceux qui m'aiment et gardent mes
commandements."
Le premier acte
d'idolâtrie qui fut perpétré par le Peuple d'Israël est celui du
veau d'or qu'ils ont confectionné tandis que Moïse était en train de
recevoir la Tora sur le Mont Sinaï. Bien que plus de 4 générations
ont passées depuis, Israël est encore poursuivi par cette faute dont
il n'a pas encore fait la réparation. Cette faute est au contraire
renouvelée par chaque génération soit par de la véritable idolâtrie,
soit par l'abandon de la Tora qui est en lui même un acte
d'idolâtrie, bien qu'il ne consiste pas en la fabrication ou en
l'adoration de statues ou d'images (certains disent que l'image du
dollar ou de l'euro constitue pour certains Juifs une véritable
idole !).
Ceci étant, il faut considérer de nos jours que la faute du veau
d'or, puis celle des "explorateurs", pèse encore lourdement sur le
Peuple d'Israël, qu'elle s'est alourdie au fur des générations, et
qu'elle vaut à Israël toutes ses dures épreuves qu'elle endure avec
ses voisins arabes fanatiques.
Seul un retour de la
majorité des Juifs israéliens à la Tora de l'Eternel pourra mettre
un frein à ces souffrances et que s'accomplisse la promesse de
l'Eternel d'étendre Sa bienveillance " à la millième génération,
pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements."
LE TROISIEME
COMMANDEMENT:
"Tu n'invoqueras point le nom de l'Eternel ton Dieu à l'appui
du mensonge; car l'Eternel ne laisse pas impuni celui qui invoque
son nom pour le mensonge."
Si je vivais seul dans une île déserte, je n'aurais pas besoin d'un
nom, car il n'y aurait personne pour m'appeler. Le nom est en effet
destiné aux autres pour nous appeler ou nous identifier. Il en est
de même pour Dieu, son nom ne désigne pas sa véritable identité ou
son essence. Il nous sert à l'appeler ou l'invoquer, à le designer
ou à l'identifier. Nous pouvons nous-même donner un nom à Dieu, et
c'est ce que nous faisons lorsque nous le nommons, par exemple, le
créateur, l'architecte, le tout-puissant, Dieu, God, Allah ….
Mais Dieu a choisi ses noms par lesquels il nous demande de
l'invoquer.
Les noms choisis par Dieu lui-même sont nombreux : Elokim, Achem,
Eternel, Chadaï, Seigneur,Yhva.
Dans nos prières, nous avons coutume de l'invoquer par le nom de
Yhva par lequel Il s'est fait connaître à Moïse. Nous ne prononçons
jamais ce nom tel qu'il est écrit, mais nous le prononçons : Adoni
(Le Seigneur), justement à cause du 3 eme commandement. Pour ne pas
rendre usuel le nom de l'Eternel et être ainsi amené facilement à
l'invoquer un jour pour le mensonge, nos Sages nous ont interdit de
prononcer le véritable nom de l'Eternel tel que nous l'écrivons. Par
extension tous les noms connus de l'Eternel sont prononcés
différemment de la façon dont il sont écrits.
L'Eternel, infini, parfait, juste, vrai et aimant la vérité, ne peut
supporter que nous utilisions son nom pour le mensonge, cela va de
soi.
Mentir ce n'est pas seulement déformer la vérité, c'est bien plus
souvent ne pas dire la vérité. Et le mensonge le plus grave est
celui de se mentir à soi-même.
Le nom Yhva désigne Dieu sous son attribut de Miséricorde, tandis
que Elokim le désigne sous son attribut de Rigueur.
LE QUATRIEME
COMMANDEMENT:
"Pense au jour du Chabat
pour le sanctifier. Durant 6 jours tu travailleras, et t'occuperas
de toutes tes affaires; mais le 7ème jour est la trêve de
l'Eternel ton Dieu: tu n'y fera aucun travail, toi, ton fils ni ta
fille, ton esclave homme ou femme, ton bétail, ni l'étranger qui est
dans tes murs. Car en six jours l'Eternel a fait le ciel, la terre,
la mer et tout ce qu'ils renferment, et il s'est arrêté le 7ème
jour; c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du Chabat et l'a
sanctifié."
Ce 4ème
commandement est le plus important des 10 commandements, autant
qu'on puisse dire qu'un commandement est plus important qu'un autre
car ils sont TOUS importants. Mais l'observance du Chabat est
rappelée à maintes reprises dans la Tora pour lui conférer une
importance particulière.
Le Chabat, avant
tout, N'EST PAS un jour de repos. Certes, on ne doit y faire aucun
travail que nous avons l'habitude ou l'obligation de faire les
autres jours, mais cela ne veut pas dire que le but du Chabat est de
se reposer, que l'Eternel l'a sanctifié pour cela.
Le Chabat n'est pas
le repos des travailleurs comme le Dimanche a été institué comme
jour de repos par les pays dits civilisés, et d'ailleurs quand ils
ont connu le Chabat.
Quel travail ne doit
on pas faire le Chabat ? Tout d'abord son travail quotidien, son
commerce, ses occupations quotidiennes, la cuisine, le ménage, la
vaisselle ….
En outre, les travaux
qui sont INTERDITS le Chabat sont ceux qui étaient nécessaires à la
construction du "michkane", c'est-à-dire le Temple que les Juifs ont
construit dans le désert dès leur sortie d'Egypte. Ces travaux
étaient au nombre de 39 et tous les Chabats la construction du
Temple était arrêtée et par conséquent ces 39 travaux n'étaient pas
effectués, et ce sont ces 39 travaux qu' il est interdit de puis de
faire le Chabat.
Etant donné
l'importance du Chabat (pour d'autres raisons que nous allons voir),
nos Sages ont mis des "barrières", c'est-à-dire qu'ils ont interdits
d'autres travaux qui sont dérivés de ceux-la, afin que l'on ne soit
pas entraîné en se permettant ces dérivés à enfreindre l'observance
des 39 travaux interdits.
D'autre part,
l'apparition de moyens nouveaux, d'énergies nouvelles, de travaux
plus modernes, ont incités nos Sages à adapter ces interdictions à
l'évolution de notre monde. Par exemple, il est écrit "vous ne ferez
pas de feu dans vos demeures" et il fallait donc décider si
l'étincelle électrique par exemple était assimilable à du feu, si le
courant électrique pouvait provoquer des brûlures comme le feu,
chauffer comme le feu, etc…
Mais tout ceci n'est
qu'un but pour réaliser une des principales raisons d'être du Chabat.
En effet, le jour où l'Eternel a arrêté de faire sa création, s'est
arrêté de créer, ce jour-là Il l'a SANCTIFIE, c'est-à-dire qu'Il lui
a donné un statut de sainteté que tous les autres jours n'ont pas.
Indépendamment de nous ou de notre volonté, que nous le voulions ou
pas, le jour du Chabat lui-même est saint.
Quand l'Eternel nous
demande de "garder" ou de se "souvenir" du jour du Chabat, c'est
pour que nous lui gardions ou nous souvenions de cette sainteté que
l'Eternel lui a conféré.
Une autre raison de
l'importance du Chabat est que l'Eternel en a fait une ALLIANCE,
entre Lui-même et le Peuple Juif. "Brit olam", c'est-à-dire une
Alliance ETERNELLE.
Aucun non-Juif n'est
tenu d'observer le Chabat.
L'importance du
Chabat est telle que sa non observance est punie de mort, alors que
la non observance de la cachrout, par exemple, n'est punie que de "makot"
(coups). Car la non observance du Chabat est un refus, un rejet de
l'alliance faite entre l'Eternel et le Peuple Juif, c'est comme si
l'on refusait l'Eternel.
L'observance du
Chabat est certes difficile, mais c'est une telle sanctification de
Dieu, un tel témoignage de notre attachement à l'Eternel, que le
travail en vaut la peine. Nous travaillons 6 jours dans la semaine,
et parfois durement, pour nous ou pour les autres, que "travailler"
pour l'Eternel un seul jour …. Encore que cette relative difficulté
d'observer le Chabat est due à notre difficulté à nous arracher à
notre train-train, mais lorsque l'on s'est habitué à observer le
Chabat comme il le faut, on y trouve un réel plaisir spirituel, un
véritable enrichissement.
LE CINQUIEME
COMMANDEMENT:
"Honore ton
père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que
l'Eternel ton Dieu t'accordera."
Les 4 précédents
commandements concernaient les relations entre Dieu et l'homme. Les
6 commandements suivants vont concerner les relations entre les
hommes eux-mêmes.
Les 2 Tables de la
Loi comportaient chacune 5 commandements. Le 5eme se trouve à la
charnière des commandements concernant les relations entre Dieu et
les hommes et celles concernant les hommes entre eux. En effet, si
tu n'honores pas ton Dieu par les 4 premiers commandements, comment
seras tu capable d'honorer tes parents ? D'autre part, le 5eme
commandement se trouve en vis-à-vis du 10eme commandement lorsque
les 2 Tables sont cote à cote. Ce 10eme commandement interdit de
convoiter les biens et tout ce qui appartient à son prochain,
allusion au fait que si tu n'es pas capable d'honorer tes parents, à
plus forte raison tu seras incapable de respecter ton prochain ni
ses biens.
"sur la terre que
l'Eternel ton Dieu t'accordera.": à priori, il semble s'agir ou de
la terre en général ou de la terre d'Israël en particulier. Or,
écoutons cette histoire vraie que rapportent nos Sages : Un jour un
homme, se promenant avec son fils, vit un oiseau couvant ses œufs
sur un nid. Pour faire bénéficier son fils de la mitsva
(commandement) de chasser la mère avant de prendre ses petits, le
père lui demanda de lui apporter ces œufs. Le fils s'empressa de
satisfaire son père et prit une échelle et fit maints mouvements
avec ses mains pour chasser la mère loin de la vue de ses petits. Ce
faisant il tomba de l'échelle et se tua.
Nos sages font
remarquer que ces 2 mitsvot , celle d'honorer ses parents et celle
de chasser la mère des oiseaux, sont les seules où la récompense de
la mitsva est signalée: " afin que tes jours se prolongent sur la
terre". Or, le jeune homme qui accomplissait ces 2 mitsvot
simultanément, ne voit pas ses jours allonges mais au contraire
écourtés.
Cette histoire nous
apprend, disent nos Sages, que la terre dont on parle n'est pas
celle où nous vivons mais qu'il s'agit de la terre sur laquelle nous
vivrons dans le monde futur et puisqu'il n'est pas dit dans le ciel
où tu vivras, cela sous-entend que le monde futur sera vécu sur
cette terre où nous vivons lorsque nous y serons ressuscités. C'est
pourquoi il est écrit: " sur la terre que l'Eternel ton Dieu
t'accordera.", t'accordera et non pas qu'il t'a accordée.
LE SIXIEME
COMMANDEMENT:
"Ne commets point d'homicide"
Etrange commandement
de la part de l'Eternel d'interdire à l'homme de tuer son prochain.
Est-ce que cela ne va pas de soi ? Est-ce qu'après avoir reçu la
Tora et s'être imprégnés de la profonde moralité qu'elle renferme,
les hommes penseront-ils à s'entretuer ?
Les forces du mal que
l'Eternel a été obligé d'introduire dans le monde pour que celui-ci
puisse exister, et que Adam, par sa faute, a libérées de l'arbre du
bien et du mal où elles étaient renfermées, sont si puissantes que
ce commandement "Ne
commets point d'homicide" ne semble pas superflu. Toutes les nations
civilisées ont adopté ce commandement dans leurs codes pénaux. Les
meurtres étaient courants dans les civilisations primitives tant ce
moyen est facile pour arriver à ses fins.
Le commandement est sec ! Sans avertissement et sans
explications !
Tout simplement, gardes toi bien de commettre un
homicide ! Tout simplement, éloignes toi des forces du mal pour ne
pas être conduit à tuer ton prochain !
La peine de mort qu'encourt, bien entendu,
l'homicide, n'est même pas signalée ici.
On comprendra plus tard, lorsqu'il s'agira de
l'homicide involontaire, que celui qui a tué par accident, sans
intention volontaire,
ne pourra échapper à la mort qu'entraîne son crime, qu'en se
réfugiant dans les villes qui seront désignées pour cela. Et ce
jusqu'à la nomination du prochain Cohen Gadol. Alors seulement il
sera autorisé à sortir de la ville refuge. Comme si son crime était
lié à la bonne prêtrise du Cohen Gadol ! Comme si celui-ci était
responsable des crimes commis pendant le temps de sa prêtrise !
En fait il y a un
lien direct, non pas avec le Grand Prêtre personnellement, mais avec
la qualité et la pureté des offrandes qui étaient sacrifiées sous sa
surveillance, sous sa responsabilité.
Si les offrandes
n'étaient pas offertes dans les règles de l'art, pures, sans
défauts, consommées comme il se doit, brûlées comme il se doit, etc…
le nombre d'homicides, volontaires ou involontaires, augmentait en
Israël.
"Ne commets point d'homicide"
: en réalité ne m'offense pas Moi L'Eternel par des offrandes
impropres….sinon tu commettras un homicide, sinon tu voleras, sinon
tu commettras des adultères.
LE SEPTIEME COMMANDEMENT:
"Ne commets
point d'adultère."
L'Eternel a créé l'Homme et
l'a doué de la parole pour le distinguer des animaux. Dans la
hiérarchie de la création, minéral, végétal, animal, l'Homme a le
plus haut niveau. Son comportement doit aussi être au plus haut
niveau. Il ne doit plus se comporter comme un animal et c'est une
des raisons pour laquelle l'Eternel lui a donné Sa Tora, Ses
commandements. L'Homme vit en société, et cette vie en société est
la plus élaborée qu'il soit. Or, on sait à quel point l'adultère est
destructrice de cette société : divorces, destruction d'un foyer
familial, souffrance des enfants, traumatisme pour les enfants,
parfois irréparable.
Commettre un adultère, c'est
aussi voler son prochain, c'est aussi spolier son prochain à qui on
vole ce qui lui appartient, sa femme. C'est tromper la confiance de
son conjoint, créer une atmosphère de tromperie et de mensonges, etc…
L'adultère conduit à une
permissivité sur le plan sexuel qui conduit bien vite à toutes les
dépravations qu'une société saine réprouve.
Tout cela est bien connu sur
le plan social. Est-ce à dire que la Tora est un code social ?
Oui, bien sur ! Et le code
social le mieux élaboré et le plus apte à l'Homme car construit par
son propre créateur. Qui pouvait mieux connaître l'Homme et la façon
dont il vivrait en société ?
Mais la Tora et ses
commandements sont bien entendu au delà qu'un simple code social.
Son but moins évident est d'élever l'Homme à un niveau spirituel que
même les anges ne peuvent atteindre. Et devant chaque commandement,
il ne faut jamais perdre de vue cet objectif.
L'adultère est passible de
mort et dans la Tora on ne sait jamais si la mort est uniquement
corporelle, ou uniquement spirituelle, ou bien les deux.
A ce propos, peut on parler de
mort lorsqu'il s'agit de l'âme, qui est par définition éternelle ?
L'âme est effectivement éternelle et c'est pourquoi il y a le
paradis et l'enfer, et les "guilgoulims", c'est-à-dire la
réincarnation. Mais nos Maîtres expliquent qu'après un certain
nombre de réincarnations pendant lesquelles l'âme n'a jamais fait de
repentir et de réparations de ses fautes, le souffle de D.ieu qui la
constitue, se retire et l'âme meurt et perd son éternité.
Devant la gravité de ce péché
qu'est l'adultère, nos Maîtres ont établi beaucoup de barrières très
sévères pour éviter à l'Homme de fauter. Comme de ne pas s'isoler
avec une femme, ne pas lui serrer la main en guise de bonjour, de ne
pas lui parler trop longtemps, etc… Ces mesures semblent excessives,
mais l'expérience a montré que lorsqu'elles ne sont pas appliquées,
la faute n'est pas loin. Et répétons-le, cette faute est très grave
tant socialement que spirituellement.
LE HUITIEME COMMANDEMENT:
"Ne commets point de
larcin"
En hébreu "Lo tignov", que
l'on aurait pu traduire:"ne commets point de vol" qui est d'ailleurs
une traduction très répandue.
Mais ici les traducteurs ont
voulu souligner qu'il ne s'agit pas de grands vols d'argent, ni de
vols de personnes, comme le laisse entendre la première traduction,
mais même de tout petits vols. Ceci pour se rapprocher des
commentaires de nos Sages qui, toujours soucieux de mettre des
barrières à un commandement afin de ne pas arriver à le
transgresser, ont dit qu'il s'agissait de n'importe quel vol, même
le moindre et aussi bien d'argent, de personnes, de temps…
Ainsi, par exemple, si l'on
resquille dans une file d'attente, on a volé une partie du temps de
chacune des personnes qui étaient avant nous dans la file d'attente.
Si on vient en retard à un rendez-vous, on a volé du temps à la
personne qui nous attendait. Même si le temps n'est pas toujours de
l'argent, on a quand même lésé son prochain, commis envers lui une
faute qui est assimilable à un vol.
Encore donc une loi sociale
qui concerne les rapports des homme entre eux et non les rapports
entre l'Eternel et les hommes, comme nous l'avons déjà dit, mais une
loi sociale qu'il faut transcender, toujours dans ce souci
d'élévation de l'âme afin de se rapprocher de D.ieu.
Une loi sociale ne peut pas
aller jusqu'à punir celui qui resquille ou celui qui arrive en
retard, mais une Loi de l'Eternel défend d'avoir de telles pratiques
qui forcement nous éloignent de Lui.
C'est toute la force des Lois
divines par rapport aux lois dictées par l'homme.
Pour celles-ci, on a peur que
de se faire prendre par le gendarme tandis que pour celles-là, on
craint de déplaire au Roi de l'univers.
LE NEUVIEME COMMANDEMENT:
"Ne rends point contre
ton prochain un faux témoignage"
Que ta parole soit sacrée, car
elle est un don du Seigneur. Ne la profane pas en pronon-çant un
mensonge.
Elle comprend implicitement
l'interdiction de la médisance, de l'outrage, du colportage et de la
calomnie, de même que celle de fréquenter ou de s'associer à des
calomniateurs.
Bien sur, le code pénal, dans
les civilisations civilisées, punit le faux témoignage. Mais
n'oublions pas que tous les codes pénaux sont inspirés de la Tora,
et n'oublions pas non plus que la peur du gendarme n'a jamais eu le
même impact que la crainte de D.ieu qui proclame Ses commandements.
Nos Sages n'ont de cesse de
nous mettre en garde contre le "lachon hara" (la mauvaise langue),
qui est une faute extrêmement grave qui peut tuer trois personnes:
celui qui fait de la mauvaise langue, celui dont il parle, et celui
qui l'écoute. Pour éviter une telle faute, les règles du "lachon
hara" sont nombreuses et très strictes. Même de dire la vérité sur
quelqu'un ou même de dire du bien sur lui, peuvent indirectement
conduire à du "lachon hara". Il faut bien étudier toutes ces règles
et s'en imprégner pour éviter cette faute qui est malheureusement
courante.
Il n'est pas besoin de décrire
tous les dégâts que peuvent faire le fait de mentir sur son prochain
et surtout de le calomnier. Il suffit de dire n'importe quoi sur son
prochain, et ceux qui nous écoutent de se dire, même quand ils ne
nous croient pas trop: "il n'y a pas de fumée sans feu". Oh combien
cette phrase a fait de victimes innocentes!
LE DIXIEME COMMANDEMENT:
[ Extraits de LA
VOIX DE LA TORAH d'Elie Munk]
"Ne convoite pas la maison de ton prochain; Ne
convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante,
son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain."
Le
Décalogue atteint son apogée avec le dernier des dix commandements.
On note, en effet, une
graduation progressive dans la série des commandements qui nous
élève ainsi jusqu'au seuil de la sphère idéale où rayonne l'amour
d'autrui. En interdisant successivement tout ce qui peut nuire à
notre prochain, par l'acte et la parole, et finalement par nos
sentiments de convoitise ou de jalousie, il forme progressivement
notre âme à l'amour, et il prépare le climat moral où cet amour
pourra éclore et s'épanouir. Car c'est l'amour d'autrui qui demeure
le suprême objectif.
La loi orale attribue
au verbe convoiter la signification de convoiter un objet ou
une personne et se l'approprier, tout en octroyant le paiement à son
propriétaire ou en employant des moyens de pressions, de ruse ou de
chantage pour entrer en sa possession. Mais dans la répétition du
Décalogue au livre du Deutéronome, l'Ecriture emploie un autre verbe
qui, lui, se rapporte au seul sentiment de la convoitise, non
concrétisée par un acte quelconque. C'est donc là une défense qui va
au-delà de celle qui figure dans notre texte, puisqu'elle interdit
d'avoir un sentiment, purement et simplement, et représente ainsi le
summum de la législation sociale.
Seul l'Eternel est
capable d'interdire d'éprouver tel sentiment, car il connaît non
seulement nos actes, mais aussi nos pensées les plus intimes.
"Ne convoite pas la
femme de ton prochain", mais est-il au pouvoir de l'homme de
s'empêcher de convoiter une personne empreinte de beauté et de
charme? Ibn Ezra cite l'exemple d'un simple paysan qui voit passer
la princesse royale resplendissante de beauté. Il ne la convoite
pourtant pas, sachant que la princesse lui reste inaccessible pour
toujours. Il appartient de même à chaque individu de fermer les yeux
et de détourner ses pensées de tout ce que l'Eternel lui a défendu.
La convoitise du
fruit défendu fut le premier péché des hommes sur la terre. L'homme
doit refouler ses mauvaises pensées, il doit surmonter ses passions,
vaincre ses instincts et dominer ses sentiments.
La défense de la
convoitise fait suite au péché originel, source de toutes les
malédictions.
L'ultime message du
Décalogue concerne notre devoir principal à l'égard de notre
prochain: Respecte le bien d'autrui ! Que tout ce qui "est à ton
prochain" soit sacré et inviolable à tes yeux.
Telle est la base
fondamentale de la justice sociale et de la morale internationale.
Et tel est en toute éternité le couronnement de la Torah.