Avant le
commencement il n’y a que D.
Qui est D.?
D. est la cause première de toutes les causes.
Toute chose créée a un créateur. Ce créateur a lui-même été
créé. Et cela ou celui qui l’a créé a lui-même un créateur et
ainsi de suite jusqu’à la cause première que rien ni personne
n’a créée. C’est la cause première par laquelle tout a
commencé.
Comme cette cause n’a pas de créateur, c’est qu’elle existait
de tout temps, puisque rien avant elle n’a décidé qu’elle
allait exister ou qu’elle allait être créée. C’est pour cela
que l’on dit que D. qui est la cause première de toutes les
causes, est éternel ,puisque rien ni personne ne l’a créé,
c’est qu’Il a toujours existé.
Puisque rien ni personne n’ a décidé de son existence, rien ni
personne par conséquent n’a décidé non plus du lieu où Il se
trouverait. Puisque ,avant la cause première, rien n’avait été
créé , rien n’existait: ni lieu , ni temps, ni espace. Seul
donc D., (qui est la cause première sans laquelle rien
n’aurait pu être) ,existait de tout temps, de tout lieu, de
tout espace.
Avant donc le commencement, D. est éternel puisqu'Il existait
déjà.( Qu’Il existe et qu’Il existera toujours, nous en
parlerons plus loin ).Il est infini puisque aucun espace, non
encore créé, ne Le limitait.
Avant le commencement il n’y a que D. Eternel et Infini.,
cause première de toute chose.
Avant le commencement, il n’est pas permis à notre
intelligence de savoir ni de comprendre plus que ce que nous
venons de dire. C’est une perte de temps et une démarche
impossible que de chercher autre chose.
Quand ,plus tard,comme nous le verrons, D. se révèle à nous ,
Il nous indiquera ce que nous devons et ce qu’IL nous
permettra de savoir ou de comprendre de Lui.
Au commencement D. créa….
Notre perception, notre
intelligence ne peuvent appréhender la connaissance qu’à
partir du moment où il vient à la pensée de D. de créer le
monde.
La pensée de D. , au commencement, est Sa volonté de faire le
bien de ses créatures.
Etant donné que Lui n’a besoin de rien ; que rien ne peut ou
n’est capable d’agir sur Lui,Il n’a aucune volonté de
recevoir.
Or cette volonté de faire le bien nécessite des créatures pour
être les réceptacles de ce bien. Ainsi cette pensée première
va se concrétiser par la création par étapes de ce monde où
nous vivons qui est l’aboutissement de cette pensée,de cette
volonté de D. au commencement qui est accessible à notre
intelligence.
Cette volonté première de donner va donc créer des réceptacles
(kelim en hébreu ) qui eux auront la volonté de recevoir .
Ces réceptacles vont être les différents processus qui vont
s’échelonner pendant la création , jusqu’à l’aboutissement de
CE MONDE-CI (ha olam azé) dans lequel nous sommes aujourd’hui
. En réalité nous sommes dans la partie la plus inférieure de
ce monde-ci. Celui-ci comporte quatre catégories de
réceptacles qui sont:
Le minéral
Le végétal
L’animal
L’Homme
L’Homme se distingue de
l’animal par le fait qu’il possède la parole. Il est désigné
par le terme de “médaber” (parlant ) par la kabale.
Ces quatre catégories de réceptacles possèdent toutes la
volonté de recevoir , qui va en grandissant depuis le minéral
qui a une volonté presque nulle de recevoir , en passant par
le végétal qui demande du soleil , de l’eau, des minéraux ,
par l’animal qui demande en plus, de la nourriture végétale ou
animale, une jouissance sexuelle, etc… pour arriver à l’Homme
qui a la volonté la plus forte de recevoir, puisqu’il exige en
plus de tout cela de l’argent, de l’honneur, de l’ascendant
sur ses semblables , des arts , etc….
LE TSIMSOUM
Quand vint à D. la pensée de la création de faire le bien à
Ses créatures , que la kabale appelle : "intention première"ou
"intention RACINE" , le créateur décida de faire une place ,
un lieu où allait résider cette création qui est notre monde
où nous vivons et tout ce qui l’entoure . Pour cela Il fit ce
que la kabale appelle un TSIMSOUM, c’est à dire une rétraction
en lui-même, qui laissa un espace vide où se situa la
création.
Bien que notre univers nous paraisse infini, il est en réalité
fini puisqu’il est contenu dans ce tsimsoum, cet espace que le
créateur lui a assigné.
Au commencement cet espace est totalement vide, c’est le NEANT
.
C’est DANS ce néant que va se faire la création.
Après ce tsimsoum et dans le néant D. va commencer l’oeuvre de
la création, qui va se faire par degrés que les kabalistes
appellent des "mondes ".
Dans le néant qu’Il a ainsi créé par son tsimsoum D. va émaner
à partir de lui-même ce que nous appellerons une “lumière”,
qui se propagera ensuite dans tous les degrés de la création
que nous avons nommés les “mondes”. Cela est le premier des
mondes , olam ahatsilout, le monde de l’Emanation.
LA KABALE
Ceci nous introduit dans le monde de la kabale.
La kabale a été jusqu’à nos jours, une étude secrète réservée
à une élite et transmise de bouche à oreilles.
Ce qui a été écrit, l’a été sous forme cachée, par codes,
allusions et métaphores, compréhensibles que par les initiés.
De nos jours, elle est devenue ou doit devenir l’étude
prioritaire du judaïsme, de l’avis même des plus grands
kabalistes de notre époque ,qui ont d’ailleurs fait beaucoup
d’efforts pour la mettre à notre portée. Car de leurs dires
même, il apparait que toutes les réparations (tikounim)
extérieures ont été effectuées par les générations qui nous
ont précédés. Et de nos jours , il est impératif pour notre
génération d’effectuer les réparations “intérieures “,
autrement dit celles qui appartiennent à “l’intériorité” de la
Tora. C’est à dire à tous ces secrets et explications
profondes qui sont renfermés dans la Tora et tous les écrits
saints, et qui n’étaient connus que des kabalistes afin qu’ils
nous préparent le terrain pour les révéler à la génération qui
sera désignée pour les recevoir. Et donc de leur avis même,
c’est notre génération qui est à l’aboutissement des dernières
réparations qu’il reste à l’humanité, et au Peuple d’Israël en
particulier à terminer, qu’il appartient de recevoir et
d’étudier cette “intériorité”.
C’est pour cela qu’ils ont levé expressément toute
interdiction, toute restriction, toute condition à cette
étude. Et selon eux, il est impératif que tout le monde ait
accès à cette étude hommes et femmes. C’est pour cela que
leurs écrits, leurs traductions, leurs explications se sont
faits beaucoup plus nombreux et beaucoup plus clairs et
beaucoup plus accessibles à l’entendement de tout un chacun.
Cela doit donc être dans notre génération, l’étude
prioritaire, notre préoccupation première, afin que nous
achevions les réparations qui incombent à notre génération,
avant la venue du Machiah.
Nous allons simplifier au maximum les prémices de la kabale,
afin d’en donner un avant-goût et surtout pour familiariser
les débutants avec le langage spécial de la kabale, afin
qu’ils puissent plus facilement en approfondir l’étude par la
suite.
Nous avons fait connaissance avec le premier monde de
l’Emanation , qui est le premier réceptacle à recevoir cette
“lumière” qui émane directement de l’intention première du
créateur ,de Sa pensée initiale de créer avec l’intention
unique de faire le bien de ses créatures, de les faire
profiter de tout le bien qu’Il a décidé de leur donner. Cette
lumière n’est rien d’autre que cette volonté du créateur de
donner. Le réceptacle qui va être créé en premier pour la
recevoir est le monde de l’Emanation, ainsi nommé parce qu’il
va se remplir entièrement de cette VOLONTE qui émane
directement de son créateur, et aussi parce qu’il va recevoir
pour fonction de continuer à émaner cette lumière aux
réceptacles qui vont lui succéder.
Ce monde de l’Emanation, une fois créé, va mettre en évidence
une situation nouvelle, qui n’existait pas auparavant. Cette
situation nouvelle est nommée “situation un” (bHinat alef), et
la lumière qu’elle contient est appelée « or HoHma », lumière
de la Sagesse.
Afin que le processus de la création continue pour aboutir à
sa finalité qui est la matière, d’autres degrés, d’autres
échelons vont se succéder. Or la matière est une notion
complètement contraire à tout ce qu’est le Créateur, Lui qui
n’est que spiritualité. Cette lumière qui était pure à son
origine, va s’opacifier au fur et à mesure dans le processus
de la création. Pour nous faire comprendre cette notion elle
est dite “blanche “ dans le monde de l’Emanation.
Le monde de l’Emanation va donc diffuser une partie de la
lumière qu’il reçoit au réceptacle suivant, qui est le monde
dit de la Création. Or ces mondes qui sont créés, sont des
entités qui ont déjà une certaine indépendance vis-à-vis de
leur créateur. Ainsi donc dans le monde de la création va
s’éveiller une pensée de refuser, de repousser la volonté de
recevoir qu’elle commence à recevoir du monde de l’Emanation,
car naît en elle une nouvelle pensée, une nouvelle volonté,
qui est celle de donner, à l’instar de son créateur a qui elle
veut ressembler. On a attribué à cette volonté, la notion de
HONTE, comme si naissait dans les premiers mondes une certaine
gêne, une certaine honte de recevoir cette lumière
gratuitement. On explique autrement que naît dans le deuxième
monde la volonté de ressembler à son créateur, qui est la
qualité d’ADHESION (de dvikout) à son créateur.
C’est pourquoi dans le deuxième monde se crée une situation
nouvelle, c’est la « situation deux » (bHinat beit), le monde
de la Création qui est le monde dit BINA (raison,
compréhension). La volonté de recevoir y est remplacée par la
volonté de donner, d’avoir une influence comme le créateur.
C’est la volonté d’influencer.
La lumière de ce monde est appelée “or Hassadim”, elle est
plus opaque que dans le monde de l’Emanation, elle est de «
couleur » rouge.
Quand Bina a refusé la volonté de recevoir pour avoir celle de
donner, d’influencer, elle se rend compte qu’elle ne peut rien
donner ni à son créateur, ni en retour à HoHma qui elle –même
est déjà remplie de toute la lumière qu’elle a déjà reçue.
Bina qui veut quand même agir avec la volonté d’influencer se
rend compte qu’elle a besoin pour cela de continuer à
recevoir, mais elle va demander à recevoir que dans
l’intention de donner.
Autrement dit elle
va demander à recevoir qu’une partie de la lumière pour
elle-même, réservant le reste pour l’intention d’influencer.
Cette intention naît, rappelons le, soit par la honte qu’elle
éprouve à ne "que recevoir", soit à son intention de
ressembler à son créateur, afin d’adhérer à Lui, à se
rapprocher de Lui. C’est la « situation trois » (bHinat gimel
) qui est un mélange de volonté de recevoir et de volonté
d’influencer. Elle contient la lumière « or Hassadim » et « or
HoHma ». Sa couleur est verte. Ce monde est appelé Splendeur (Tiphéret).
Enfin Splendeur va se rendre compte qu’ainsi elle se prive de
tout le plaisir qu’elle avait en recevant que pour elle-même
et souffrant de ce manque, elle va redemander à nouveau de
recevoir toute la lumière, comme au début dans la situation de
bHhinat alef. La seule différence c’est que maintenant elle ne
reçoit pas passivement, mais est devenue DEMANDEUSE de la
volonté de recevoir tout le bien qu’elle recevait dans HoHma.
Cette situation nouvelle est le monde de la « situation
quatrième » (bHinat dalet ). C’est le monde de la Royauté (MALHOUT
) dont la lumière est de couleur noire. Il n’y a pas d’autres
mondes que ces quatre là que nous venons de décrire et qui
sont marqués du sceau des quatre lettres du nom divin : youd
pour Sagesse=Emanation, ké pour Raison=Création, vav pour
Splendeur=Formation, ké pour Royauté=Action. Nous ne comptons
pas Kéter, la Couronne, car elle est au niveau de la pensée de
D. et de ce fait n’est pas à proprement parler une création,
et bien qu’elle soit incluse dans les dix SEPHIROT (SPHERES )
.
LES DIX SPHERES
Les dix séphirot ne sont pas à proprement parler des sphères
.C’est l’occasion ici de spécifier que tous les termes
employés par la kabale (mondes, lumières, couleurs, sphères,
etc…) ne sont qu’un langage propre aux kabalistes pour leur
permettre de se comprendre entre eux Et ce langage ne fait que
figurer des notions entièrement abstraites, essentiellement
spirituelles. Bien que tout ce dont parle la kabale correspond
a des réalités qu’il nous est très difficile de cerner ou
d’exprimer avec notre langage .Cependant ce langage s’adresse
directement à notre âme qui est seule capable de le
comprendre, au-delà de notre cerveau et de notre intelligence
matérielle.
Comme nous avons dit qu’il y avait quatre réceptacles qui sont
le minéral, le végétal, l’animal, l’homme. Qu’il y avait aussi
des réceptacles
(des kélim) qui sont les mondes que nous avons décrits, que
l’on désigne aussi par le terme de VASES. Nous verrons aussi
que tout cela est imbriqué, que tout dans la création est basé
sur le même processus d’échelons par lesquels tout ce que
renferme la création va automatiquement passer; aussi bien le
processus de matérialisation de la création, que les végétaux,
les animaux, etc…, les personnages de la Tora, les corps, les
âmes, etc… C’est pour cela que nous parlons de sphères, pour
figurer l’imbrication d’un monde dans l’autre, d’une lumière
dans l’autre, d’une situation dans l’autre, etc….
Les dix séphirots sont :
KETER (COURONNE )
HOHMA (SAGESSE )
BINA (RAISON)
TIPHERET (SPLENDEUR )
HESSED (MISERICORDE )
GUEVOURA (RIGUEUR )
HOD (MAJESTE )
NETSAR (ETERNITE )
YESSOD (FONDEMENT )
MALHOUT (ROYAUTE )
LA BRISURE DES VASES
Ici nous allons comprendre cette imbrication dont nous avons
parlé en ce qui concerne les mondes et les réceptacles et les
lumières. E t par l’exemple qui va suivre nous allons
comprendre comment la kabale se sert de cette trame des
séphirots pour nous dévoiler les secrets renfermés dans la
Tora.
A première vue, la lecture de la Tora nous semble n’être qu’un
récit d’histoires, qui semblent parfois réelles, parfois
légendaires, parfois vraisemblables, parfois invraisemblables.
Il en est ainsi car la Tora renferme une histoire réelle avec
des personnages réels qui ont existés, mais elle cache aussi
des évènements spirituels qui vont être figurés en trame au
travers de l’histoire de ces personnages. En voici un exemple
:
Quand D. termina la création, Il plaça Adam, le premier homme
et Eve dans le Gan Eden. Dans ce jardin de délices, il
interdit à Adam et Eve de manger du fruit de « l’arbre de la
connaissance du bien et du mal ». Car ,comme nous l’avons déjà
dit, pour matérialiser la création, le Créateur a été obligé
de créer des entités contraires à Lui-même, à son essence,
sinon tout n’aurait été que comme Lui-même tout bien, tout
bonté infinie, tout spiritualité absolue, et la matière
n’aurait pas pu se concrétiser. Il créa donc Adam « à Son
image », c’est à dire un être spirituel, et tout le négatif,
le contraire de l’essence de D. était renfermé dans cet arbre
de la connaissance, auquel il interdit au premier homme et à
sa compagne d’en avoir la connaissance par le fait de s’en
nourrir. Car du fait qu’ils auraient connaissance du mal il le
libèreraient dans la création.
Et si D. leur avait donné la vie, il libèreraient aussi son
contraire qui est la mort, et c’est pour cela qu’Il leur dit
que « de mort ils mouraient ».
Mais il était dans la pensée du créateur de créer des
créatures qui auraient aussi une indépendance, une autonomie
par rapport à Lui-même, une volonté de penser et d’agir par
elles-mêmes, et non de simples pantins qu’Il manipulerait à Sa
guise. C’est pourquoi Il créa le LIBRE- ARBITRE, ce pouvoir
qu’a l’homme, et qu’il aura toujours de choisir entre deux
initiatives qui lui seront toujours offertes, et il aura
toujours la liberté complète de CHOISIR OU CECI OU CELA.
Or Adam et Eve en tant qu’êtres spirituels, jouissant des
délices que D. leur avait offerts dans le jardin, étaient que
toute obéissance à leur créateur et n’avaient pas encore de
libre-arbitre jusqu’au moment où le serpent se présenta à Eve
pour lui présenter ce choix, cette alternative de manger ou de
ne pas manger du fruit défendu.
Et Eve, puis ensuite Adam CHOISIRENT de manger du fruit de
l’arbre de la connaissance, libérant ainsi toutes les forces
contraires à la vie et au bien, qui étaient prisonnières dans
« l’arbre ». Et ceci correspond à ce qui va se passer dans les
séphirots et qu’on a appelé: la « brisure des vases ou des
réceptacles ». Comme si au niveau des séphirots les
réceptacles allaient éclater et laisser fuir leurs lumières,
tout comme l’arbre de la connaissance a libéré le bien et le
mal.
A partir de ce moment il va exister les séphirots du bien, de
la sainteté (les séphirotes de la Kédoucha), et parallèlement
les séphirots du mal, de l’impureté, dites séphirots de « l’autre-côté
», c’est à dire du côté contraire à la sainteté (dans le
langage de la kabala: les séphirots du sitra aHara).
L’Homme a désormais choisi de vivre sous l’influence de ces
deux forces, et c’est pour cela qu’il est chassé du Gan Eden
et qu’il va faire connaissance avec ce monde-ci (haolam aze).
Son rôle dans ce monde va être de réparer sa faute et de
séparer de nouveau le bien du mal, pour qu’il ne reçoive de
nouveau que le bien, et que le mal soit de nouveau enfermé
dans l’arbre de la connaissance, comme il en était dans le Gan
Eden, (qui devient par rapport à ce monde- ci, le monde à
venir = olam aba).
L’éclatement va se faire aussi au niveau des âmes. Ainsi l’âme
de Adam, avant la faute était partagée en deux, entre lui et E
ve. Après avoir mangé du fruit de l’arbre de la connaissance,
l’âme de Adam va se disperser, se diviser en plusieurs âmes
qui iront s’intégrer dans tous les corps qui naîtront de sa
descendance, jusqu’à nos jours. Ainsi donc la brisure qui
s’était faite au niveau des mondes des séphirots, correspond à
la dispersion des âmes dans ce monde-ci.
LES PATRIARCHES
Avraham, Ysaak et Yaacov vont commencer les tikounim, les
réparations des séphirots et des âmes qu’ils vont purifier par
les ordonnances qu’ils recevront de D. par l’intermédiaire du
« rouaH akodech » (de l’esprit de Sainteté) qu’il mettra en
eux. Ainsi tout ce que D. leur ordonnera, ils le feront. Et ce
qui va nous paraître en première lecture de la Tora, comme
uniquement des récits historiques, des pérégrinations d’un
pays à l’autre, et des histoires banales, sont en réalité une
ascension vers les sphères supérieures où ils doivent
accomplir ces réparations. Le Zohar nous révèle ces secrets et
nous décrit à quel niveau des séphirots tel ou tel patriarche
a accompli des réparations et cela en se basant sur les
allusions (rémazims) renfermés dans les récits de la Tora.
Ainsi le Zohar nous révèle que le niveau spirituel auquel
était arrivé Avraham était le HESSED, et c’est au niveau de la
séphira Hessed qu’il répara une partie des dégâts qu’avait
subi cette sphère lors de la faute d’ Adam et Eve. En quoi
consistent ces réparations ? Par un travail spirituel qu’il
effectue sur lui-même, en développant cette qualité de
miséricorde et de bonté qu’il possédait, et en rejetant tout
ce qui était contraire à cette qualité, Avraham "hissa" son
âme au niveau de la sphère dont la lumière correspondait à
cette qualité, la purifiant ainsi de ses scories, c’est à dire
des souillures qu’elle avait reçues du "mauvais côté" (de la
sitra aHara) lors de la faute d’Adam.
Tous les événements relatés dans la Tora correspondent au
parachèvement de la création au niveau du monde d’ici-bas. La
formation du monde (au commencement D. créa le ciel et la
terre etc…) correspond au monde de la CREATION qui, pour ainsi
dire, se concrétise, selon les vertus qu’il a dans les sphères
supérieures, par les mêmes vertus qui se matérialisent dans le
monde d’ici-bas. En d’autres termes, l’âme qui est une entité
spirituelle va, en passant par les quatre mondes (Emanation,
Création, Formation, Action), "s’habiller" de matière, jusqu’à
l’accomplissement de son réceptacle qui est pour l’homme le
corps. Tout cela s’accomplit par un voilement progressif de la
lumière, par une "opacification" progressive de la lumière
initiale qui émane directement du Créateur. Seul dans l’âme va
rester un "RECHIMO", une empreinte réminenscielle, alors que
pour le corps et tout ce qui s’est matérialisé, l’éloignement
de la lumière l’éloigne complètement de son créateur. Cela est
voulu dans la pensée de la création, car c’est par ce moyen
que le corps obtient une indépendance absolue vis-à-vis du
Créateur.
Pour retrouver
cette lumière initiale et ainsi recevoir toute la "volonté de
faire le bien" qui seule émane du Créateur, le travail va
consister pour l’être créé et matérialisé de remonter à la
source de cette lumière jusqu’aux sphères supérieures dont
elle émane. Ce travail se fait uniquement par l’âme qui
sublime la matière de son réceptacle, le corps, le purifie
progressivement pour le hisser au niveau du monde spirituel
des sphères supérieures. Par quels moyens effectuer ce travail
? Dans la pensée de la création le Créateur a déjà prévu des
outils pour cela qui sont la Tora et les commandements.
Jusqu’au don de la Tora, les personnages de l’histoire
qu’écrit Moïse sous la dictée de D., appartiennent aux deux
mondes, spirituels et matériels , et ils ont un libre-arbitre;
mais certains faits ou événements leurs sont imposés par le
Créateur, qui n’est pas encore totalement voilé et agit encore
sous le nom de ELOKIM. Au niveau de MALKHOUT, qui se situe au
niveau directement supérieur du "olam hazé". Ainsi se
parachève complètement la création, avec l’intervention des
hommes guidés encore par l’influence divine.
Ainsi sont guidés les personnages bibliques, comme les
patriarches, ainsi que Joseph, Moïse, Aaron, ainsi qu'Ismaël,
Esaü, Bilaam, Pharaon, etc….
Les uns au niveau de la sainteté, comme Avraham qui agit au
niveau de Hessed, Ysaac au niveau de Rigueur, Yaacov au niveau
de Tiphéret, Joseph au niveau de Majesté, Moïse au niveau de
Eternité, Aaron au niveau de Fondement. La Royauté restera
réservée au niveau spirituel du Roi David.
A partir du don de la Tora, le monde d’ici-bas va rentrer dans
le monde de L’ACTION, où le Créateur va se révéler à Moise
sous le nom de YKVK. Et c’est par ce nom seul qu’il sera
permis à l’homme de le connaître, et cela n'est bien entendu
qu’une infime partie de Son Essence, qu’il ne nous sera jamais
permis de saisir complètement. Et la seule chose qu’Il nous
révèle de Son Essence est qu’ "IL EST COMME IL SERA". C’est à
dire que d’une part il existera toujours comme il a toujours
existé, qu’Il est donc ETERNEL, et d’autre part qu’Il sera
comme Il a toujours été, c’est à dire que rien en Lui ne
change. Il nous est impossible d’en savoir plus sur ce qu’Il
est dans son essence. Il est même très dangereux pour l’homme
de chercher à en savoir plus, car notre intelligence étant
limitée par les notions d’espace et de temps, ne peut sans
danger saisir des notions où le temps et l’espace n’existent
pas. C ‘est pour cela que nous n’avons pas accès aux trois
sphères supérieures, et que les kabalistes même les plus purs
et les plus exercés s’interdisent l’approche de ces sphères.
C’est à cette seule condition que l’on peut étudier la kabale
sans danger et c’est ainsi que nous DEVONS l'étudier. Quoique
bien des hommes, même en dehors de la kabale ont essayé
d’aborder ces notions qui sont au-dessus des possibilités
humaines et sont devenus fous ou ont écrits des inepties. L’Eternel
nous a permis seulement, lors de la révélation du Sinaï, de
connaître Ses ATTRIBUTS. A notre niveau nous n’en saisissons
qu’une infime partie, car il est difficile, par exemple, de
mesurer la Miséricorde de D. car elle est infinie, et que pour
des êtres finis comme nous le sommes, il est difficile de se
faire une idée de l’infini.
D. va donc, après le don de la Tora, se voiler presque
entièrement. Sa PRESENCE ( Sa CHEKHINA ) ne sera ressentie que
lorsque l’ homme Le recherchera. Et cela uniquement par le
moyen des LOIS qu’il va lui faire connaître par l’entremise de
Moise. Ainsi l’homme est désormais locataire à part entière de
ce monde. Libre à lui désormais de le construire ou de le
détruire, en choisissant le bien = la vie, ou le mal = la
mort. Il lui faut bien comprendre que le bien n’est pas sa
propre conception du bien, mais qu’il s’agit de la loi de la
Tora, et que la mort n’est pas celle du corps qui est de toute
façon nécessaire, mais de celle de l’âme.
Avant de se voiler aux yeux de Ses créatures, D. va se révéler
à elles d’une façon très forte afin de laisser une empreinte
ineffaçable dans les âmes des descendants de Yaacov, les "fils
d’Israël " qu’il a lui-même choisi pour recevoir cette
révélation perpétuelle. C’est la REVELATION DU SINAI.
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